Pensée du Moment

- "Quand on pense à quelque raison pour ne pas suivre son propre chemin, ou quand on a peur et reste au sein de la société parce que c'est plus sûr, les résultats sont radicalement différents de ce qui arrive si l'on suit l'appel. Si l'on refuse d'avancer, alors on est le servant de quelqu'un d'autre. Quand vient le refus de l'appel, il y a une sorte de dessèchement, un certain sens de vie perdue. 
Chaque parcelle en nous sait qu'une expérience nécessaire a été refusée. Les angoisses apparaissent.
Ce qu'on a refusé de vivre de manière positive, on le vivra négativement."

Joseph Campbell
Citation de A Joseph Campbell Companion,
selected and edited by Diane K. Osbon

Traduit humblement par Lucas

Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 03:54


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De l’existence à l’essence                      

Par Jacques Brosse      

                                                           


Qu’est l’Essentiel ? 
Sinon ce après quoi pendant toute une vie nous courons et qui perpétuellement nous échappe. 
A voir l’insatisfaction de nos contemporains, il doit bien y avoir quelque part un malentendu.

 

Pour les anciens philosophes - mais qui les lit encore ? -, essentiel s’opposait à existentiel, l’essence à l’existence. L’essence était ce qu’au cours de sa vie l’individu avait à devenir, le but à atteindre, sa "fin dernière", lui-méme. Alors, il cessait d’ètre ce qu’il avait été, un individu refermé sur lui-mème, enfermé en lui, retranché de tout le reste, des autres et du monde. "Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !", s’écriait Rimbaud, qui écrivait aussi :

"Je est un Autre".

N’est-ce pas là jouer avec les mots ? Assurément, tant que l’on a pas compris qui l’on est. Tel est le fin mot de toutes les philosophies - et Montaigne a pu dire que "philosopher, c’est apprendre à mourir" -. La philosophia perennis, "l’’amour de la sagesse", est réflexion sur l’existence et l’Essence, elle pose la question fondamentale : "Qui suis-je ?" D’où procèdent toutes les autres et tant que l’on n’a pas répondu à celle-Ià, on ne peut répondre à aucune.

Sur les murs du temple oraculaire d’Apollon à Delphes, la sagesse grecque parvenue à son zénith proclamait : "Connais-toi toi-même", et ajoutait : "et tu connaîtras l’univers et les dieux". Que nous disent les sages que nous allons chercher en Inde, car chez nous ou bien il n’y en a plus, ou bien ils se cachent, sinon cela ? A ceux qui venaient le trouver et qui l’interrogeaient, Ramana Maharshi ne répondait que par une question : "Qui ètes-vous ?".

Plus récemment, Nisargadatta Maharaj transmettait à ses disciples le seul conseil que lui avait donné son maître : "Tu n’es pas ce que tu crois être... Trouve ce que tu es." Le malaise de notre temps vient de là. Nous ne prenons plus la peine d’essayer de nous connaître. Nous prétendons que nous n’en avons pas le temps. En vérité, nous nous fuyons.

Aurions-nous peur de faire enfin connaissance ?

Tant que l’on répète ce que l’on a entendu, tant qu’on se gargarise de mots, cette interrogation fondamentale ne se pose même pas, mais que nous prenions au pied de la lettre l’apparemment inoffensif "Qui suis-je ?", et cela commence à devenir grave, cela constitue déjà un engagement vis-à-vis de nous-mêmes, une exigence qui tôt ou tard modifiera de fond en comble notre vie. Voilà pourquoi, pris de vertige, nous nous détournons.

Car il s’agirait en effet de la fin d’une illusion, de toutes les illusions et d’une telle attitude, la seule saine, la seule lucide, nulle époque n’est plus éloignée que la nôtre qui confond tout.

Et d’abord, ces deux verbes que l’on appelle "auxiliaires", car ils aident à conjuguer les temps de tous les autres, Être et Avoir. Quel avoir comblera jamais la béance de l’être, comme on nous le fait espérer ? Comment remplir ce tonneau des Danaïdes qu’est notre avidité sur laquelle amoureusement se penche une société qui s’intitule bien à propos de consommation ? Parce que nous vivons enfoncés jusqu’au cou dans ce Règne de la quantité que dénonçait superbement René Guénon, qui le voyait poindre, alors que les symptômes n’en étaient guère apparents, au lendemain de la guerre.

Peut-être notre erreur, et notre faute, ne provient-elle que de ce que nous confondons ces deux verbes, en somme opposés, tandis que nous séparons abusivement ce qui doit être seulement distingué. Il n’y a pas la vie d’un côté, la mort de l’autre, mais la vie-et-mort ainsi qu’on l’écrit parfois en chinois et en japonais, avec une impeccable logique, car puisque l’on naît, on meurt. De même, il ne saurait exister de moi sans l’autre, ni d’homme sans monde. Privés l’un de l’autre, ils s’étiolent et disparaissent ; coexistents, ils s’appuient l’un sur l’autre, s’entretiennent et communiquent. C’est cela la communication et non ce qu’on apprend aujourd’hui à des stagiaires spécialisés. Propos banals sans doute !

Mais examinons-en un peu les conséquences, apparemment inéluctables. Puisque si l’on naît, l’on meurt, ne faudrait-il pas en conclure : si la vie conduit à la mort, la mort ne conduit-elle pas à la vie ? Ce qui, convenons-en, modifierait quelque peu les données du problème. Qu’est-ce qui meurt en effet ? C’est le moi, cet artifice. Mais, quand il n’en reste plus ?

Qui êtes-vous, au fond, tout au fond de vous-même ? Vous seul pouvez le dire, mais vous en avez le devoir. Alors tout changera, le problème sera résolu.

Pratiquement, plus prosaïquement, la question pourrait se formuler : Avons-nous adopté la meilleure manière d’exister ? Voilà ce qu’il vaudrait la peine d’examiner de près, en toute lucidité. Essayons-nous loyalement de réaliser notre être ? Vivons-nous réellement de notre vie propre ? Et non par personnes interposées, celles que le monde actuel nous propose, voire nous impose, caricaturalement par la télévision, par la presse, par la publicité, pseudo-modèles auxquels nous nous conformons sans même nous en rendre compte. Est-ce là vraiment notre vocation, notre idéal ? N’avons-nous pas autre chose à faire dans cette existence qui est à nous et à personne d’autre et dont nous sommes devant nous-mêmes les seuls responsables ?

Mais, si nous renonçons à tout ce qui n’est pas nous, nous voilà déjà sur la Voie de l’Éveil, cette rêvolution (au sens premier et latin de ce mot de "retour sur soi-même"), indescriptible, car elle ne peut être qu’expérimentée. Alors, d’elle-même disparaîtra la table qui obscurcissait notre regard et dont nous ne prenons conscience qu’à ce moment-là. Et nous pourrons repartir, dans le bon sens cette fois, allégés de ce que nous croyions être, donc de nos peurs, de notre angoisse existentielle, goûter sans remords les joies les plus simples qui, elles au moins, sont gratuites (cet adjectif vient de grâce, cela aussi, nous l’avons oublié).

Alors nous sera d’un coup restitué ce que nous imaginions avoir perdu et qui n’était qu’égaré, notre innocence, notre dignité premières.





Cet article provient du site :
http://www.nouvellescles.com

Par Lucas - Publié dans : Philosophie - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 16:49

3 petites phrases
fondamentales 
évidentes

mais....
inspirées !!
:-)






---------------------------------Le masque tombe quand tu es en mesure de le voir------------------------------





---------------------------------Tu dois regarder grand---------------------------------------------------------------------
---------------------------------car si ce qui vient est petit-----------------------------------------------------------------
---------------------------------il sera de toute façon dans ton champ de vision------------------------------------
---------------------------------et si ce qui vient est grand-----------------------------------------------------------------
---------------------------------tu auras une chance de le remarquer--------------------------------------------------





--------------------------------Ce qui intimide éveille la flamme des passions-------------------------------------
--------------------------------Il faut savoir s'en libérer---------------------------------------------------------------------

Par Lucas - Publié dans : de la Méditation - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 03:28



Des champs morphogéniques 
à l'anthropologie fondamentale



Les tenants de la notion de champs morphogénique entendent apporter une réponse normale à la question de savoir où se tient la mémoire des êtres vivants et comment elle oriente leurs actions. Avant eux le corps scientifique a pensé que la mémoire était essentiellelnt matérielle et se trouvait dans le cerveau ou dans l'ADN, ou dans les cellules ou même dans les électrons. Voici leur réponse.


Historique de la notion de champ morphogénique

Hans Driesch (1867-1941), embryologiste et philosophe, fut l’un des premiers chercheurs à avoir tourné le dos à la vision strictement matérialiste et mécaniste qui prévalait au XIXème siècle. Ses expériences sur les blastomères d’oursin démontraient que l’ensemble de l’embryon est plus que la somme de ses parties.2 Driesch en prélevait des éléments et ceux-ci se régénéraient ; l’ensemble se reconstituait. Il en déduit qu’il était impossible d’analyser ou de comprendre l’embryon d’une manière purement matérialiste. 

Mais, c’est en 1922 que l’idée de champs morphogénétiques (abrégés ultérieurement en “morphogéniques“ et même “morphiques “) a été introduite par Alexander Gurwitsch, en Russie, puis en 1925, de manière indépendante, par Paul Weiss, à Vienne. A. N. Whitehead (1861-1947) scientifique et philosophe, affirma qu’il existe une propriété définie de complétude qui permet aux organismes de se développer et qui ne peut être réduite à une analyse des parties. Von Bertallanfy (1901-1972) a procédé en 1933, dans son livre Modern Theories of Developement, à la synthèse de ces différentes approches avec son paradigme organismique3 qui décrit le développement des systèmes ouverts (biologiques) par différence avec les systèmes physiques soumis à la loi d’entropie. 

Une génération plus tard, C.H. Waddington (1905-1975) a poussé l’idée des champs morphogéniques un pas plus loin avec son concept de chréode, ou “zone de développement canalisé“, ou “attracteur de développement dans le temps et dans l’espace“.
C’est
Rupert SHELDRAKE (né le 28.06.1942), biologiste spécialiste de biochimie etde chimie cellulaire, qui donnera toute son ampleur au concept de champ morphogénique en en faisant le réservoir de la mémoire de l’univers et la source de ce qu’il appelle “la causalité formative“.


Comment s’est forgé le concept de champ morphogénique ?

R. Sheldrake écrit que “la mémoire est inhérente à la nature“. Il considère que “les systèmes naturels, tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées, des molécules d’insuline héritent d’une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l’espace et dans le temps“. Il donne de nombreux exemples de comportements animaux instinctifs (la façon de se gratter des mammifères et des oiseaux, la capacité des araignées de tisser, dès leur naissance, des toiles caractéristiques de leur espèce, la manière dont les guêpes de boue australiennes construisent leur nid, etc.) dont il dit qu’ils ne peuvent être inscrits dans les gènes. Ce sont les fameux caractères acquis lamarckiens. Il précise : “Le comportement héréditaire, comme la forme héréditaire, est influencé par les gènes, mais n’est ni “génétique“, ni “génétiquement programmé“. 
Pour expliquer ce qui ne relève pas du “génétique“ dans l’explication de la transmission des comportements héréditaires les généticiens parlent d’”effet du milieu“. Mais la définition qu’ils donnent de ce “milieu“ est extrêmement vague puisqu’elle englobe “l’ensemble des informations qui ne sont pas contenues dans les gènes“.
Nous voici en pleine tautologie ! Il convient donc de parler à propos de l’ADN non de “programme génétique“ mais de “patrimoine génétique“. Et R. Sheldrake écrit que, puisque toutes nos cellules comprennent à peu près le même ADN et se développent malgré tout selon des schémas différents, c’est bien qu’il y a en dehors d’elles une source d’information qui oriente leur action. Cette source d’information c’est le champ morphogénique de l’espèce.


Qu’est-ce qu’un champ morphogénique (ou morphique ) ?

C’est, comme son étymologie l’indique, un champ générateur de forme (morphos en grec). peut-on le définir ? “Les champs morphiques, comme les champs connus de la physique, sont des régions d’influences non matérielles s’étendant dans l’espace et se prolongeant dans le temps. Quand un système particulier cesse d’exister - lorsqu’un atome est désintégré, qu’un flocon de neige fond, ou qu’un animal meurt - son champ organisateur disparaît du lieu spécifique où existait le système. Mais dans un autre sens, les champs morphiques ne disparaissent pas : ce sont des schèmes d’influence organisateurs potentiels, susceptibles de se manifester à nouveau, en d’autres temps, et d’autres lieux, partout où et à chaque fois que les conditions physiques sont appropriées. Quand c’est le cas, ils renferment une mémoire de leurs existences physiques antérieures“. Et, plus la population étudiée comporte d’individus plus le champ morphogénique s’enrichit du comportement de tous ses individus.
Mais, de même qu’on ne connaît les champs de gravitation, les champs électriques ou magnétiques que par leurs effets, les champs morphogéniques ne peuvent être décelés que par les actions qu’ils influencent.


Actions influencées par le champ morphique

On peut comparer le champ morphogénique d’une part à un gigantesque réservoir de la mémoire de l’espèce, c’est sa fonction passive, d’autre part à un inducteur d’organisation, c’est sa fonction active ou téléologique. Et cet inducteur d’organisation fonctionne de mieux en mieux grâce à l’apprentissage des membres de l’espèce. Sheldrake donne l’exemple des mésanges bleues qui, en Angleterre, ont appris à percer les capsules qui ferment les bouteilles de lait déposées par le laitier le matin à domicile : “Une analyse minutieuse des données a montré que la propagation de l’habitude s’est accélérée avec le temps, et que le comportement a été découvert par des mésanges individuelles“. MC Dougall réalisa en Angleterre des expériences sur les rats pour leur apprendre à choisir entre deux sorties d’une cage, l’une éclairée mais assortie d’une forte décharge électrique et l’autre sombre mais sans choc électrique. La première génération de rats commit 165 erreurs, la trentième n’en commettait plus que 20. La même expérience réalisée à 20 000 km de là, en Australie, montra que les rats australiens avaient bénéficié de l’apprentissage de leurs confrères anglais... Et tout ceci est naturellement transposable à l’homme
.



Extrait d'Effervesciences N°48, 
provenant du site :
http://www.effervesciences.com/

Par Lucas - Publié dans : Métaphysique - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 03:53

Dans cette nouvelle rubrique, nous suivrons le cours proposé par René Barbier concernant la vie et l'enseignement de Jiddu Krishnamurti.

Merci à l'aimable autorisation de
René Barbier
Professeur
des Universités en Sciences de l'Education (université Paris 8)
pour l'exploitation du contenu de ses textes

Vous trouverez le cours entier en ligne sur le site de l'Université Paris 8:
http://educ.univ-paris8.fr/LIC_MAIT/weblearn2002/KenligneP8/presengene.html

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Ce cours est désormais accessible et
animé par R. Barbier sur le site de l'ISSM
(Institut Supérieur des Sagesses du Monde), 
en collaboration avec l'université de Louvain
http://www.barbier-rd.nom.fr/issm
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KRISHNAMURTI
Sa vie 


Première partie
Examinons son
histoire de vie, non dans ce qu’il soutient mystérieusement (son non-condionnement radical), mais sous un regard plus sociologique, à partir de sa biographie établie par Mary Lutyens (1982,1984,1989,1993).

Né le 12 mai 1895 (calendrier occidental), Krishnamurti appartient à une famille brahmine modeste de dix enfants. Son nom patronymique est Jiddu. Huitième enfant, il est nommé Krishnamurti en souvenir de la naissance du dieu Krishna, huitième enfant mâle lui aussi.
Plusieurs de ses frères et soeurs décèdent dans leur plus jeune âge, excepté son frère Nityananda qu’il adorait, trois autres frères dont un demeurera débile et une soeur aînée rapidement mariée.
Sa mère, Sanjeevamma, mourra lorsqu’il aura 10 ans. Elle a d’emblée l’intuition que Krishnamurti est un être remarquable et elle veut accoucher dans la pièce réservée aux prières, cas tout à fait exceptionnel. Ce sentiment est confirmé par l’astrologue de la famille qui assure à son père Narianiah que l’enfant deviendrait quelqu’un de grand et de merveilleux. Krishnamurti est un petit garçon rêveur et maladif, détestant l’école au point que ses professeurs pensent qu’il est un attardé mental, au contraire de son frère Nitya très bon élève.
Très jeune il a un sens aigu du don de soi. Il donne facilement ses friandises à ses frères et soeurs, de la nourriture aux mendiants qui passent devant sa porte. Il lui arrive souvent de rentrer de l’école sans crayon, ni ardoise, ni livre parce qu’il les a offerts à un enfant plus pauvre. Par contre il aime observer la nature avec intention et conservera toute sa vie une inclination très poussée pour la mécanique.
Son père, après la mort de sa femme et sa mise à la retraite demande instamment à Annie Besant, qui  dirige la Société Théosophique dont il est membre, de l’aider à nourrir sa famille. Il s’installe ainsi avec ses enfants à Adyar, lieu où la Société Théosophique lui offre un poste d’assistant au  secrétariat.
Krishnamurti va dans une High School située à Mylapore sans plus de succès scolaire et reçoit maints coups de canne pour sa supposée stupidité. Comme il fréquente la plage à Adyar avec son frère Nitya, il rencontre les autres jeunes gens faisant partie du cercle de la Théosophie. C’est là qu’un jour Charles Webster Leadbeater, une des figures hauturières du Mouvement théosophique, le remarque malgré son apparence physique peu agréable à cette époque, en déclarant que Krishnamurti possède une aura magnifique sans nulle trace d’égoïsme.
La Théosophie proclamait alors l’avènement éminent d’un “Grand Instructeur” qui devait sauver le monde. Leadbeater persuade Annie Besant que Krishnamurti est l’élu du Mouvement, malgré la présence d’un jeune hollandais qui était venu en Inde avec sa mère, pressenti antérieurement par le même Leadbeater, pour le même rôle.
 
 
Seconde partie
A partir de ce moment Krishnamurti et son frère Nitya vont être pris en charge totalement et soumis aux injonctions éducatives de la Société Théosophique. Ils vont sortir de l’habitus purement hindou pour entrer dans un habitus de bourgeois britannique, au point de perdre l’usage de leur langue d’origine, mais d’apprendre, évidemment, à jouer au golf et à faire du thé. Krishnamurti parlera couramment l’anglais, le français et l’italien. Le père tentera bien de récupérer ses enfants par un procès qu’il perdra au plus haut niveau. Annie Besant et la  Société Théosophique garderont la tutelle sur les deux adolescents.
Suivant la tradition théosophique, Krishnamurti et son frère reçoivent une initiation spirituelle qui procède par étapes. Ils sont censé communiquer par des voies parapsychologiques, avec des figures spirituelles intemporelles (maître Morya et maître Kouthoumi) protectrices de la Société Théosophique.
Par cette initiation ils ont accès à la “Grande Fraternité Blanche” des initiés. Un ordre est fondé pour Krishnamurti, l’Ordre de l’Etoile d’Orient, dont il prend la tête, secondé par Annie Besant et C.W. Leadbeater. Vêtements, chaussures et nourritures à l’anglaise sont infligés aux deux jeunes gens. Plus tard il appréciera l’esthétique vestimentaire anglaise, mais en Inde il s’habillera à la mode du pays. Il restera toujours à cheval sur la question de la propreté.
A Londres tout est fait pour que Krishnamurti puisse étudier à Oxford. Si son frère, un peu plus tard, réussit brillamment dans le domaine juridique, Krishnamurti demeure un étudiant peu intéressé par ses études, malgré la férule de ses précepteurs. Il préférera, aux livres “sérieux”, la lecture de  romans policiers et les films de Clint Eastwood.
On lui offre biens et argent. Ses disciples sont légions et viennent l’écouter dévotement. Chacune de ses conférences fait l’objet d’une publicité spectaculaire. Krishnamurti est mal à l’aise dans ce système largement institué par le Mouvement Théosophique. 


Troisième partie
Dès 1922, en Californie, il connaît une crise spirituelle profonde, une illumination et le début d’une souffrance physique qui ne le quittera plus et qu’il nomme “le processus”. Il va se distancer de plus en plus de la Théosophie.
La mort de son frère Nitya, atteint de tuberculose, le surprend en 1925, lors d’un voyage en bateau en direction de l’Inde, malgré des “assurances” plus ou moins magico-religieuses transmises par les figures dominantes de la Théosophie. Il plonge alors dans une détresse sans fond. Pourtant quand il arrive en Inde, son visage rayonne et il est parfaitement calme. Il a compris ce qui alimentera définitivement son enseignement jusqu’à la fin de sa  vie.
Dès cette époque, il devient dérangeant pour le Mouvement Théosophique qui ne reconnaît plus son rejeton. Bien que toujours très respectueux envers sa “mère” Annie Besant, il suit son propre chemin.
En 1929, il prononce le célèbre discours d’Ommen, nom du lieu de la rencontre près du château d’Eerde qui lui avait été donné. “La vérité est un pays sans chemin"annonce-t-il. Dès 1927, il avait affirmé dans ce même lieu : “Je redis que je n’ai pas de disciples. Chacun parmi vous est un disciple de la Vérité, si vous  comprenez la Vérité et si vous ne suivez pas des individus... La Vérité ne donne pas d’espoir ; elle donne la compréhension...
Personne n’a le devoir de suivre un gourou, une doctrine, ou de s’installer dans des lieux supposés sacrés, ni de passer par des rituels d’initiation. Il n’y a pas de “méthodes” de méditation. Le savoir livresque ne sert à rien quant au devenir spirituel. L’être humain n’a rien à chercher, rien à vouloir, rien à attendre, personne à suivre, pas même Krishnamurti : simplement être complètement attentif à la vie, à ce qui est, d’instant en instant. 


Quatrième partie
Il prône une réceptivité totale, une ouverture de l’être au mouvement même de la vie et une mise en doute de toute parole d’autorité sur le plan d’une éducation à dominante de connaissance de soi. Jusqu’à la fin de son existence, il rappellera cette vérité découverte à cette époque. L’essence de son enseignement sera fondée sur le doute et l’épreuve de réalité personnelle.
Sa pratique suit son discours. Il dissout l’Ordre de l’Etoile, quitte la Théosophie et rend les biens qu’on lui avait donnés.
Désormais l’organisation qui soutiendra ses actions (conférences et éditions, création de fondations pour la diffusion de son enseignement) sera purement profane et réduite au minimum. Il aura  même à entrer dans une bataille juridique avec un de ses anciens proches, Rajagopal, qui, s’occupant de la gestion des éditions, s’était arrangé pour lui faire signer subrepticement un document l’autorisant à s’approprier les livres de Krishnamurti. La fille de Rajagopal se vengera en publiant, plus tard, un livre très partial sur la vie amoureuse de Krishnamurti et notamment sur l’amour qui a uni Krishnamurti et l’ex-femme de Rajagopal pendant quelques années. 


Cinquième partie
Krishnamurti quitte donc la Société Théosophique.
Dans la logique sociologique de la constitution de l’habitus, une telle rupture est incompréhensible. Le sociologue de la reproduction ne saurait admettre la parole de Krishnamurti affirmant qu’il n’a jamais été conditionné. L’habitus n’est-il pas une matrice de perception, de représentation et d’action, reproductrices de structures conformes et constituée dans la méconnaissance même de ses conditions d’inculcation, par le truchement d’une institutionalisation de la vie quotidienne et d’agents éducatifs appropriés (Bourdieu et Passeron, 1970) ? A suivre la sociologie de Pierre Bourdieu, on ne voit pas pourquoi Krishnamurti a pu opérer une telle révolution intérieure.
Il était, par excellence, l’homme institué, à l’habitus totalement clos. Figure de gourou exposée à la dévotion des masses, il avait tout à gagner à rester dans un statut aussi confortable. Porté par une organisation adéquate qui contrôlait et sanctionnait le fonctionnement parfait de cet habitus.
Ce qui a déstructuré cet habitus n’est pas explicable par la sociologie, ni même par la psychanalyse. On comprend encore moins si nous nous en tenons phénomènologiquement à la stricte parole de Krishnamurti sur son enfance dans laquelle il n’a jamais éprouvé d’affectation sous les coups ou les brimades.
D’aucuns ont proposé de voir dans cet acte, une révolte d’un être soumis aux figures draconiennes d’autorités multiples de la Théosophie. Une sorte de “révolte contre le père” d’une certaine façon.
C’est ainsi que l’interprète Sri Rajneesh, le gourou de Poona (Jan Foudraine,1992), contre lequel Krishnamurti s’est souvent élevé. Krishnamurti  n’aurait jamais réglé ses problèmes avec l’autorité de la Théosophie. Jusqu’à la fin de sa vie il se serait battu contre des  fantômes. 


Sixième partie
Mais Krishnamurti ne s’est jamais “révolté” contre l’enseignement de la Théosophie. Il a simplement “refusé” sans le moindre désir de faire des vagues. Il a quitté le Mouvement en parlant, en prononçant une parole authentique sans jeter l’anathème sur les anciens disciples assis “aux pieds du maître”. Il s’est retiré de ce jeu truqué dont il avait compris soudain l’inanité mondaine. Aucune acrimonie dans ses propos. Son affection pour  Annie Besant est restée intacte.
Quand il interpellait les disciples spectaculaires (par leur accoutrement) de Sri Rajneesh, qui venaient systématiquement l’écouter lors de ses conférences, il n’exprimait aucune animosité ou rancune. Point de projections imaginaires dans ses remarques. Simplement une question : pourquoi  ce besoin de suivre un supposé “maître spirituel” et de se distinguer ainsi ? Qui suit ce gourou ? Observez et vous  comprendrez ce que vous êtes.
D’autres comme Catherine Clément, dans son étude sur “la Syncope. Philosophie du ravissement” (1990), suppose qu’il était une sorte de “chaman”, sans doute à partir des rares moments d’extases qu'il a vécu autour de sa vingt-septième année. C’est méconnaître que Krishnamurti ne parlait pas en état de transe, mais dans un dialogue interactif, le plus souvent, avec un auditoire ou une autre personne. Bien que ses conférences ne  soient pas préparées mais largement improvisées, il était dans l’instant, un être particulièrement “présent” dont la parole, toujours très rationnelle, de plus en plus soucieuse d’étymologie au fil de l’âge (Y.Achard, 1970), touchait au plus juste, et non une personne habitée par une entité, plus ou moins inconsciente, aux yeux révulsés et articulant des sons d’une voix inhabituelle.


Septième partie
Beaucoup d’autres, fins connaisseurs, pensent qu’il était un vrai gourou malgré tout, voire le “gourou des gourous” (Arnaud Desjardins, Ma Ananda Moyi). Un psychiatre travaillant en Inde sur le rapport maître/disciple, Jacques Vigne, tente même de démontrer ce postulat. (J. Vigne 1994).
En vérité, le processus éducatif pour Krishnamurti est justement cette faculté à s’ouvrir au monde sensible, naturel et social, au sein d’une attention vigilante.
Pour lui il n’y a rien là d’extraordinaire ou d’exceptionnel. Il s’est toujours défendu d’être un “cas” mystique car, alors, à quoi son enseignement  aurait-il pu servir ?
Il a toujours affirmé, au contraire, que tout le monde peut vivre cette joie d’être et rencontrer cet “Otherness”dont il parle dans ses Carnet(1988). L’enseignement qu’il donne doit être reçu en profondeur et avec un véritable esprit critique. Rien à voir avec une quelconque croyance ou dévotion. C’est à la faculté intelligente de l’autre qu’il s’adresse.
Ce que recherche Krishnamurti dans son interlocuteur, c’est un “auteur”, le créateur de soi-même, non un “suiveur”, un disciple : une personne qui s’autorise à s’approprier, d’une manière dubitative et expérientielle, une information essentielle pour son propre devenir, même si cette nouvelle conscience de soi, soudainement reconnue, fait disparaître l’illusion d’un moi existentiel et intentionnel séparé du monde. Il n’a cure que des milliers de personnes viennent l’écouter. Il préfère cinq personnes réellement concernées et prêtes à mettre en oeuvre ce qu’il propose pour leur propre compte. “Faites l’expérience” est son maître-mot, en entendant par ce terme, une situation de la vie quotidienne et non la mise en place d’un dispositif exceptionnel. 



© René Barbier
Par Lucas - Publié dans : KRISHNAMURTI et l'EDUCATION (R. Barbier) - Communauté : Refaire le Monde
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 04:56

Sur l'interprétation des rêves 
De C. G. Jung

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C'est par "l'interprétation des rêves" que Jung se rallia à Freud. Le psychiatre suisse y trouvait en effet une "voie royale" vers l'inconscient qui lui permettait une nouvelle approche de certains de ses malades schizophrènes. L'accord n'était cependant pas total et, après sa rupture avec Freud, Jung développa une autre méthode d'interprétation des rêves qui, sans renier les apports du fondateur de la psychanalyse, essayait de dépasser ce qu'il considérait comme une fixation unilatérale sur la théorie de la libido.

Pour Jung, le rêve ne peut s'expliquer, dans la plupart des cas, qu'à partir de lui-même, sans être réduit à des présupposés théoriques qui lui feraient dire autre chose que ce qu'il dit réellement. Dans cette optique, le rêve, produit de l'inconscient le plus profond qui cherche à se dévoiler, ne se comprend qu'à travers l'effort de l'âme à être reconnue.

Ce livre, à l'issu d'un séminaire d'études tenu par Jung avec certains de ses élèves les plus importants, passe aussi en revue les grands systèmes d'interprétation des rêves depuis l'Antiquité, tente d'en expliquer les ressorts et, à travers un foisonnement d'exemples commentés, montre de manière vivante comment écouter et comprendre les images oniriques qui sont le pendant de notre aventure intérieure. (4eme couverture) 

(Traduction Alexandra Tondat, éditions Albin Michel, 320 pages). 

à visiter pour plus d'informations :
http://www.cgjung.net 

Par Lucas - Publié dans : A Lire - Communauté : Refaire le Monde
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 21:49

Dans cette nouvelle rubrique, nous suivrons le cours proposé par René Barbier concernant la vie et l'enseignement de Jiddu Krishnamurti.

Merci à l'aimable autorisation de
René Barbier
Professeur
des Universités en Sciences de l'Education (université Paris 8)
pour l'exploitation du contenu de ses textes

Vous trouverez le cours entier en ligne sur le site de l'Université Paris 8:
http://educ.univ-paris8.fr/LIC_MAIT/weblearn2002/KenligneP8/presengene.html

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Ce cours est désdormais accessible et
animé par R. Barbier sur le site de l'ISSM
(Institut Supérieur des Sagesses du Monde), 
en collaboration avec l'université de Louvain
http://www.barbier-rd.nom.fr/issm


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KRISHNAMURTI
Le coeur des enseignements

  

Traduction de Marc Marciszever (GREK) de 
"The Core of the Teachings"
(Copyright ©1980 Krishnamurti Foundation Trust Ltd.)

La déclaration suivante, qui contient l’essence des enseignements, a été rédigée par Krishnamurti lui-même le 21 octobre 1980. 
Le cœur des enseignements de Krishnamurti est contenu dans la déclaration qu’il fit en 1929, lorsqu’il dit : 


« La vérité est un pays sans chemin. L’homme ne peut l’atteindre par le biais d’aucune organisation, d’aucun credo, d’aucun dogme, d’aucun prêtre, d’aucun rituel, ni par le biais d’aucune connaissance philosophique ou d’aucune technique psychologique.
Il doit la découvrir dans le miroir de la relation, dans la compréhension des contenus de son propre esprit, par l’observation et non pas par l’analyse intellectuelle ou la dissection introspective.
L’homme a bâti en lui-même des images comme une barrière de sécurité, sécurité religieuse, sécurité politique, sécurité personnelle. Elles se manifestent sous la forme de symboles, d’opinions, de croyances.
Le fardeau de ces images domine la pensée de l’homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ces images sont les causes de nos problèmes car elles divisent les hommes entre eux. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts déjà présents dans son esprit Le contenu de sa conscience est toute son existence. Ce contenu est commun à toute l’humanité. L’individualité est le nom, l’apparence et la culture superficielle qu’on acquiert par la tradition et par le milieu. La singularité de l’homme ne réside pas dans ce qui est superficiel, mais dans le fait de pleinement se libérer du contenu de sa conscience, qui est commun à tout le genre humain. Donc, l’homme n’est pas un individu. » 


« La liberté n’est pas une réaction ; la liberté n’est pas un choix. C’est l’homme qui prétend que parce qu’il a le choix il est libre. La liberté est pure observation sans direction, sans peur de la sanction et de la récompense. La liberté est sans cause ; la liberté n’est pas au terme de l’évolution de l’homme, mais dès le premier pas de son existence. Dans l’observation, on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté est découverte dans la présence sans choix (choiceless awareness) à notre existence et à nos activités quotidiennes. La pensée est le temps. La pensée naît de l’expérience et du savoir qui sont inséparables du temps et du passé. Le temps est l’ennemi psychologique de l’homme. Notre activité repose sur le savoir et par conséquent sur le temps, ce qui fait que l’homme est toujours esclave du passé. La pensée est toujours limitée, et donc nous vivons constamment dans le conflit et la lutte. Il n’y a pas d’évolution psychologique.» 


« Quand l’homme devient conscient du mouvement de ses propres pensées, il voit la division entre le penseur et la pensée, entre l’observateur et l’observé, entre l’expérience et celui qui fait l’expérience. Il découvre que cette division est une illusion. Seulement alors y a-t-il pure observation, qui est une vision pénétrante (insight) sans la moindre ombre du passé ou du temps. Cette vision pénétrante atemporelle provoque une mutation radicale de l’esprit. » 


« La négation totale est l’essence du positif. Quand il y a négation de toutes ces choses que la pensée a psychologiquement provoquées, alors seulement y a-t-il amour, qui est compassion et intelligence. »
 

 

© René Barbier

Par Lucas - Publié dans : KRISHNAMURTI et l'EDUCATION (R. Barbier) - Communauté : Refaire le Monde
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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 02:53

Bunker Roy - Tilonia (Rajasthan/Inde)




Bunker-Roy.jpg Un entrepreneur social au service du développement rural.

L’Inde, 2ème pays social au service du développement rural.au monde avec plus d'un milliard d’habitants compte 700 000 villages sur un territoire équivalent à 6 fois la France. La situation économique y est très souvent fragile, la moindre saison sèche ou récolte difficile venant accroître l’exode rural déjà considérable. Comment un de ces villages, peuplé de seulement 800 habitants devient un des modèles de développement durable pour tous les autres pays du Sud ; visité, reconnu et admiré par des personnalités comme le président de la Fondation Ford, le président de la Banque Mondiale ou le Prince de Galles ? C’est pour répondre à cette question que nous avons rencontré Bunker Roy, le fondateur du « Barefoot College » de Tilonia.

Fils d’une des familles les plus influentes du Bengale (la région de Calcutta), Bunker a suivi l'une des meilleures éducations du système indien. Il a usé ses shorts sur les mêmes bancs que Rajiv Gandhi (le fils d’Indira et lui aussi ancien Premier Ministre assassiné) et que les héritiers du plus grand empire industriel du sous-continent : les fils Tata. De cette éducation stricte et élitiste, il garde le souvenir de professeurs « on ne peut plus snob » leur présentant le mirage de l’Inde moderne du XXIe siècle en lieu et place du « Bhârat », l’Inde rurale*.

Programmé pour devenir un grand diplomate, un fin politicien ou un puissant bureaucrate, Bunker suit une scolarité exemplaire. Pendant son temps libre, il se consacre à sa passion, le squash, et remporte même pendant 4 années d’affilée le Championnat National.

Le tournant de sa vie se produit en 1966, lorsque par curiosité, il va visiter un village du Bihâr. Cette année-là, ce petit Etat rural, frontalier du Népal, connaît une des pires famines de son histoire. Faute de mousson, les greniers à céréales sont entièrement vides et l’aide internationale permet difficilement à chaque personne de disposer d’une chapati par jour, une mince galette de farine de blé, base de l’alimentation indienne.

Le choc est terrible pour ce jeune privilégié. Rien dans son parcours personnel ne l’avait préparé à voir cette réalité poignante : des dizaines de milliers de personnes périssent faute de nourriture et ceux qui restent sont condamnés à errer chaque jour à la recherche d’une maigre pitance. C’est décidé, du haut de ses 19 ans, Bunker prend une décision qui va changer sa vie : il veut vivre dans l’Inde rurale et se mettre au service des paysans les plus pauvres.

Sans avoir aucune notion concrète de ce qu’il veut entreprendre et de la manière dont il doit opérer, il décide d’aller vivre dans un des villages du district d’Ajmer, dans le Rajasthan. C’est là, qu’humblement, il passe 5 ans de sa vie. Travaillant comme un forcené, il creuse, nettoie et fait exploser des charges afin de construire des puits. Au contact des villageois de souche, il acquiert la certitude que les connaissances et les compétences pratiques des villageois sont suffisantes pour assurer leur développement.

A 25 ans, un collègue l’invite à passer quelques jours à Tilonia. Cette visite sera le second tournant de son existence. Il remarque un grand sanatorium à l’abandon au beau milieu du village et décide d’engager les démarches pour l’acquérir. Légué par le gouvernement au modeste prix de 1 roupie, il en fera en 3 décennies le centre du « Barefoot College ».

Construit sur des préceptes de Gandhi, celui-ci s’articule autour de 5 grandes idées : la participation de chacun à la vie du village, l’égalité homme-femme, l’éducation pratique et non théorique, la nécessité de ne pas gâcher les ressources et la technologie par et pour ses habitants.

Résultat après presque trente ans d’efforts. Toute l’électricité du village provient de panneaux solaires, 90 écoles de nuits ont été créées pour dispenser un savoir pratique aux enfants qui gardent leurs troupeaux le jour. Un groupe de 300 femmes se réunit chaque semaine pour débattre et influencer leurs conditions de vie et un ingénieux système de récupération de l’eau de pluie alimente irrigation, douches et toilettes de tous les villageois. Dernière trouvaille mais pas des moindre, un parlement des enfants est élu tous les 3 ans pour influencer la vie du village et des écoles !!

Le plus remarquable de ces 30 années de développement est que ce sont les villageois eux-mêmes qui ont eu les idées, les ont financées (partiellement) et les ont appliquées à leur rythme et ceci sans aucune aide extérieure. Bunker ne se considère que comme un support et passe désormais la majeure partie de son temps à promouvoir ce modèle aux quatre coins de l'Inde et, depuis peu, de la Planète.

Persuadé qu'il faut beaucoup plus investir sur les individus que sur les projets pour réaliser un développement durable des villages indiens, il espère convaincre les sceptiques et faire de nombreux adeptes. En voilà 2 de plus !!

* "Bhârat" signifie Inde en Hindi.


Le site du BareFoot College



Cet article provient du site :
www.80hommes.com

Régulièrement, le portrait d'un personnage qui a osé monter son propre projet pour réveiller les consciences, que ce soit dans le domaine écologique, médical, éducatif ou autre, sera mis en ligne sur ce blog.
N'hésitez pas à vous en inspirer!!

Par Lucas - Publié dans : Ecologie - Dvpt durable - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Lundi 10 décembre 2007 1 10 /12 /Déc /2007 15:35

Allez directement sur ce site qui présente un débat sur la télépathie entre R. Sheldarke et Lewis Wolpert.
http://www.metapsychique.org/Debat-sur-la-telepathie-entre.html

le slogan du site :
LE "PARANORMAL", NOUS N'Y CROYONS PAS. NOUS L'ETUDIONS. 




Présentation du débat et des deux protagonistes et introduction de l'article:

"La célèbre revue scientifique Nature a rendu compte, il y a de cela quelques mois, d’un débat sur la télépathie qui s’est déroulé le 15 janvier à la Royal Society of Arts de Londres. Devant un public d’environ 200 personnes, sont intervenus : Rupert Sheldrake, en tant qu’avocat de la réalité du phénomène, auteur de plusieurs livres mettant en pratique des expériences souvent simples et ingénieuses (notamment sur le sentiment d’être observé, sur le fait de deviner qui appelle au téléphone, sur l’attidude du chien ou du chat au moment où le maître rentre de son travail, etc.) et Lewis Wolpert, en tant que sceptique, biologiste du University College de Londres et vulgarisateur célèbre au Royaume-Uni. Voici la traduction en français de ce débat."

R. Sheldrake a énoncé la théorie des Champs Morphiques, très contestée et pourtant très séduisantes.
Bientôt plus de détails!

Par Lucas - Publié dans : Métaphysique - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 15:15

Murase Makoto - Sumida (Japon) 



f40p4.jpg Dr. Rainwater*, il y a le feu au lac...






L’accès à l’eau est l’un des enjeux majeurs du siècle qui commence. Depuis plusieurs années, de nombreux experts dénoncent, entre autres, la pollution des nappes phréatiques et les problèmes d’approvisionnement des grandes métropoles pendant les saisons chaudes. Certains vont jusqu’à prévoir l’accroissement de conflits régionaux liés à cette précieuse ressource. Aussi, les efforts techniques, humains et financiers entrepris chaque année pour apporter des solutions à ces nouveaux enjeux sont considérables. Pourtant, c’est sans doute une des idées les plus simples, développée au Japon depuis plus de 20 ans par Makoto Murase, qui pourrait permettre d’y répondre.

Diplômé de l’Université de Pharmacie de Tokyo, Makoto accepte en 1976 un poste à la direction sanitaire de Sumida, dans la banlieue de la capitale Japonaise. Au début des années 80, de violentes tempêtes causent en quelques jours de très fortes inondations. Incapable d’absorber les énormes quantités d’eaux de pluies déferlantes dans cette « jungle de béton», le système d’égout municipal est vite saturé. Makoto est alors détaché dans les quartiers de Sumida pour régler les nombreux problèmes sanitaires. Il veut trouver des solutions pour éviter ces catastrophes à répétition et s’aide d’un groupe d’experts reconnus. Une des réponses évoquées est de capter l’eau de pluie en amont et de la stocker dans de grands réservoirs souterrains. D’abord sceptique, il s’empare vite de cette idée et fait de longues recherches pendant plusieurs mois pour en connaître la faisabilité et le coût.

Il comprend rapidement que ce procédé peut répondre à plusieurs enjeux. Cette eau collectée sur les toits, filtrée par d’ingénieux systèmes placés dans les gouttières n’est pas buvable à cause de la pollution atmosphérique qu’elle contient. Cependant, elle peut facilement être utilisée pour les chasses d’eaux, les machines à laver, l’arrosage des plantes et les cas d’extrême urgence (feux et tremblements de terre). Ainsi, on dispose de ressources en eau quasiment neutre pour l’environnement (peu d’énergie pour la rendre disponible, pas de combustible fossile pour l’acheminer et aucun gaz à effet de serre émis).

Au même moment, le plus grand stade de Sumotoris de Tokyo doit être construit à Sumida. Makoto propose son idée au constructeur, et essuie son premier refus. « J’étais très déçu car je croyais à ces idées, mais il me fallait convaincre autrement ». Par «autrement », il faut évidemment comprendre convaincre de la viabilité financière... Et Makoto Murase y parvient en prouvant au client final, la Fédération Japonaise de Sumo, que l’investissement de départ (réservoirs en ciments de plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes, pompes et systèmes de collecte sur les toits) sera non seulement rentabilisé en 5 ans grâce aux économies de factures mais qu’ensuite, cela leur fera gagner chaque année plusieurs millions de yens.

Mis en pratique pour la première fois en 1986, les systèmes de celui que l’on nomme maintenant le Dr. Rainwater* ont fait beaucoup d’adeptes. En 1995, voyant que les inondations avaient totalement cessé et que les résultats économiques étaient très favorables, la municipalité de Sumida a imposé la construction de réservoirs d’eau de pluie souterrains pour chaque nouvel immeuble. Elle fut suivie depuis quelques mois par la ville de Tokyo et c’est désormais plus de 1000 bâtiments au Japon, dont 5 stades de la Coupe du Monde de football qui s’en sont équipés. Dernier grand projet en date, cette fois-ci à l’extérieur du Japon : le stade olympique de Pékin.

Fort de cette fantastique réussite, le Dr. Rainwater a obtenu en 2002, le prix Rolex de l’entreprenariat, un grand concours récompensant tous les 2 ans, les exceptionnels efforts de 10 personnalités à travers le monde, oeuvrant pour la préservation de l’environnement, la médecine ou le patrimoine culturel. Les 4 millions de yens reçus à cette occasion (15.000 €) lui ont servi à développer des publications pour répandre ses pratiques et organiser un réseau de promotion au niveau international.

Mais cela ne va pas encore assez vite pour lui. « Ce qui manque pour que ces pratiques se diffusent, c’est que chacun d’entre nous se rende compte que l’eau est une ressource rare qu’il faut économiser, et que ce type de solution simple, sans contrainte pour l’utilisateur et économe permettra d’améliorer considérablement la vie de nos enfants ». Et grâce à une énergie et une soif de vie considérable, le Dr Rainwater convainc de plus en plus de monde, dans les mégalopoles occidentales comme les campagnes indiennes.

*Dr. Rainwater : Dr. Eau de pluie.




Cet article provient du site www.80hommes.com

Régulièrement, le portrait d'un personnage qui a osé monter son propre projet pour réveiller les consciences, que ce soit dans le domaine écologique, médical, éducatif ou autre, sera mis en ligne sur ce blog. 
N'hésitez pas à vous en inspirer!!

Par Lucas - Publié dans : Ecologie - Dvpt durable
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Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /Nov /2007 02:26
Le Dr en médecines altérnatives et naturopathie Masaru Emoto,
japonais né à Yokoama en 1943, a fondé l'
I.H.M. General Research Institut, à Tokyo en 1986 suite à une découverte des plus étonnantes qui depuis plus de 20 ans est au centre de ses recherches:

En observant des cristaux d'eau congelés, il s'est aperçu que la structure géométrique de ces derniers dépendait de la pureté magnétique de l'eau observée.
Il décida alors de photographier différents cristaux en mettant au point tout un procédé technique spécifique pour pouvoir capturer sur pellicules ces cristaux.

structure géométrique hexagonale de l'eau distilée

Ce qu'il ne savait pas en commençant ses recherches c'est qu'il venait de mettre un pied dans un monde des plus étranges:
Il découvrit que les eaux sacrées ou bénites avaient une structure géométrique harmonique, alors que les eaux des villes, lacs et rivières polluées étaient complétement déstructurées.
eau-bnite1.jpg
eau bénie
 
paris-ldn-tokyo.jpg
eau du robinet des villes de Paris, Londres et Tokyo

A partir de là, il poussa de plus en plus loin ses recherches pour comprendre le fondement de cette structure ou absence de structure et parvint à la constatation surprenante suivante:
l'eau enregistre les fréquences vibratoires qu'elle reçoit.

Il rejoignît ainsi d'une manière parallèle les conclusions de son confrère Jacques Beneveniste qui affirmait dès les années 90 que l'eau avait la capacité de retenir des informations électromagnétiques, ou en d'autres termes que l'eau a une mémoire.

Il commença donc à faire "écouter" de la musique à l'eau et s'aperçût que la musique classique avait pour effet de structurer l'eau, au contraire de certaines musiques telles le heavy metal qui la destructuraient.
beethoven.jpg
Beethoven: La Pastorale
 
heavy-metal.jpg
"Morceau" de Heavy Metal

Il poussa ensuite son résonnement à la parole et s'apperçût que des mots ou prières murmurées à l'eau pouvaient la restructurer merveilleusement, alors que certains mots tels la haine, la guerre, la violence etc... produisaient l'effet contraire.
Il observa le même phénomène en écrivant simplement les mots et en les posant à côté des échantillons à analyser.
you-make-me-sick.jpg
"tu me dégoûte"
 
amour-et-gratitude.jpg
"Amour et Gratitude"


Connaissant les effets de toutes ces fréquences (musique, paroles, mots...) sur la structure cristaline de l'eau et sachant que le corps humain est composé de 65 à 85% d'eau (variant en fonction de l'âge, du sexe, de l'état de santé général etc...) il est intéressant d'imaginer quels peuvent bien être les réels impacts de notre environnement et nos pensées quotidiennes sur notre corps et sur notre être...




Ajoutons tout de même que cette découverte n'est pas appréciée comme telle par tout le monde :

Des scientifiques critiquent les procédures expérimentales pour leur insuffisance et estiment qu'il existe de nombreux biais cognitifs dans les expériences d'Emoto lorsque par exemple les chercheurs sont invités à parcourir les clichés pour trouver ceux qui conviennent le mieux à ce qu'ils veulent illustrer. Ceux-ci n'ont jamais été soumis à des tests en double aveugle qui sont une des procédures scientifiques de base pour la vérification des expériences. 
Emoto reconnait qu'il n'est pas un scientifique lui-même.
 
James Randi, le fondateur de la James Randi Educational Foundation, a publiquement offert à Emoto la somme d'un million de dollars s'il pouvait reproduire les résultats de ses expériences selon la procédure en double aveugle.
La chimie, la contamination aqueuse ainsi que des défauts cristallins peuvent également expliquer la nature des images montrées dans les ouvrages d'Emoto.
Ses travaux n'ont jamais été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
Source : Wikipedia




Merci à Florian pour m'avoir permis d'utiliser son article pour illustrer le sujet!
Allez faire un tour sur son blog :
http://monblog.ch/guerirlaterre

Vous trouverez plus d'information sur le site de Masaru Emoto :
http://www.thank-water.net

Et pour terminer en beauté
un petit e-book pour enfants créé par l'association 
"Project of Love and Thanks to Water" dont Emoto est le président :
Picture Book.pdf

Par Lucas - Publié dans : Métaphysique
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Ce blog est conçu pour ceux qui veulent aller de l'avant.
Son existence est motivée par le désir de rencontrer l'enthousiasme de personnes désirant développer des projets visant l'ouverture des consciences, quel qu'en soit le domaine...
A terme, il représentera aussi une base de données concernant les sujets sur lesquels il me semble indispensable d'agir.
Si vous aussi voyez chaque jour qu'il y a quelque chose qui ne marche pas dans notre environnement socio-culturel ou spirituel, pour ne citer que ceux-là, ce blog attend impatiemment vos idées et commentaires.
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